Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/08/2010

"L'Arbre", après "Un poison violent" : le néo-paganisme du monde culturel capitaliste

thetree.jpgCharlotte Gainsbourg,

star d'un film animiste occidental :


 


Le 6 août, nous parlions du film Un poison violent, de Katell Quillévéré, dont la jeune héroïne rejette le catholicisme  (incarné par un évêque manichéen, comme si cette espèce existait). La presse encense ce film parce qu'il attaque le catholicisme.

Aujourd'hui la presse encense L'Arbre, film de Julie Bertucelli, où Charlotte Gainsbourg (la veuve) voit sa fillette de huit ans ressusciter le papa défunt sous la forme d'un figuier géant. Le figuier envahit la vie de la famille, lui envoie des messages (racines, grenouilles), etc. La veuve est donc tentée de « croire à la vie des morts », nous explique Thomas Sotinel (Le Monde). Dans le même numéro du Monde, Stéphanie Le Bars nous informe que les congrégations religieuses catholiques françaises ne recrutent plus. C'est logique : tentée de croire que les morts revivent sous la forme de figuiers, la société ne laisse plus ses jeunes aller vers la vie chrétienne. On a la religiosité qu'on mérite. Celle de Mme Bertucelli est une régression à l'animisme.

De cela, cinq leçons :

- Contrairement à ce que vont prétendre les écolophobes et les écologistes maniaco-dépressifs, croire que papa revit dans le figuier n'a rien à voir avec l'écologie. Dissoudre l'humain dans la nature est même le contraire de l'écologie. Car l'écologie est une responsabilité humaine, qui n'existe plus si l'on efface l'homme. Effacer l'homme, c'est effacer l'écologie.

- « Ôtez le prêtre et ils adoreront les bêtes », disait le curé d'Ars, lucide sur le compte du Français dès le XIXe siècle. C'est en cours aujourd'hui : les séminaires sont vides et les films tendance régressent, l'un vers l'érotolâtrie, l'autre vers l'animisme.

- Bertucelli et Quillévéré ne se sont pas donné le mot. J'ignore même si elles se connaissent. Quillévéré a 28 ans ; on peut se demander ce qu'elle sait de la pensée chrétienne, ignorée en France. Bertucelli est née en 1968 ; son animisme correspond à la régression pré-civilisationnelle inaugurée à partir de cette date.

- Dans les deux cas, la régression répond à un prérequis de la société de consommation : substituer le culte des pulsions à la religion monothéiste, coupable de résister au marketing commercial de toutes les « émotions ».

- Bémol dans l'article de Stéphanie Le Bars : elle note que les communautés religieuses catholiques « rigoristes » ne connaissent pas la crise. [*]


_________

[*] « Rigoriste » (dans le vocabulaire du Monde) s'appliquant à des mouvances aussi clairement conciliaires que St-Jean ou les Fraternités de Jérusalem, le constat du Monde veut dire que des jeunes sont toujours attirés par les ordres à condition que ceux-ci croient en quelque chose ; et que l'on assiste à l'extinction des ordres qui avaient cédé au vertige d'auto-négation des années 1970-1980. Le Monde n'a donc aucune raison de s'en réjouir, ayant encouragé ce vertige de toutes ses forces depuis les années 1960. L'Eglise de demain ne ressemblera pas à ce dont rêvaient M. Fesquet et Mme Sauvageot. Elle ne ressemblera pas non plus, d'ailleurs, à ce dont rêvent les intégristes sous leur casque lourd.



Commentaires

CONTRETYPE

> Il faut s’attendre à la floraison de nombreux films caricaturant l’Eglise, au fil des tribulations de ses fidèles et sous l’influence d’esprits formatés par les médias libéraux-libertaires et par les lectures du type « Da Vinci Code ».
Nos belles consciences du cinéma et des télévisions mériteraient une réplique sur le terrain qui est le leur, un « Contretype catholique » mettant au jour, en images (seul langage compris, semble-t-il, par bon nombre de nos contemporains), les erreurs, divagations et malhonnêtetés dont elles se font les relais.
Reste que le moyen le plus direct pour restaurer la vérité dans l’unique Esprit qui est celui des évangiles, demeure à mes yeux la parole – donc le texte (merci à PP).
A noter, pour ceux qui voudraient rire un peu des catholiques et de leurs travers, en toute fraternité, les « teasers » mis en scène par les Frères de Saint Jean, à voir sur http://www.revelateur.org/la-part-catho.htm.
______

Écrit par : Denis / | 11/08/2010

ADULESCENTS

> Une petite réaction à votre premier paragraphe.
Le film "Un Poison Violent" est également encensé car il est représentatif de la pensée contemporaine. Une vision adolescente de l'Homme, incapable de maîtriser ses passions et surtout les vénérant.
La religion, dans ce qu'elle enseigne, vient forcément à l'encontre de cette pensée et c'est cela qui est au centre du film.
Notre époque est une civilisation adolescente qui se complaît dans cet état et ne cherche pas à devenir adulte. La responsabilisation fait peur ! Pas étonnant que ce film fasse l'unanimité des critiques...
______

Écrit par : Vincent / | 11/08/2010

"EVANGILE"

> Monsieur Plunkett, vous ne parlez pas comme un chrétien. Il ne faut pas critiquer. Je n'ai pas vu ces films mais j'ai lu qu'ils étaient très beaux, et dans des journaux chrétiens. Revenez à l'évangile qui est la tolérance, et unissons-nous à tous nos frères de ce temps en partageant ce qu'ils vivent.

Nathalie


[ De PP à N. :
- Quel âge avez-vous, Nathalie ? C'est avec ce genre de "refus de penser" qu'une certaine génération, notamment féminine, a sabordé le catholicisme en France, avec les résultats que nous voyons : séminaires vides, et beaucoup d'églises vides aussi. Vous devriez lire du Benoît XVI, si votre tolérance va jusque là.
- Je ne sais pas si des journaux chrétiens ont dit du bien de ces deux films, mais je peux vous dire que 'Libération' et 'Le Monde' ont applaudi Quillévéré oarce que son film, à leurs yeux, est anticatholique. Vous ne pouvez rien à ça. C'est un fait. ]

cette réponse s'adresse au commentaire

Écrit par : Nathalie / | 11/08/2010

GÊNE

> En effet, le film est encensé par La Croix. Ce qui produit une certaine gêne dans cette critique et dans l'interview de Julie Bertucelli, c'est qu'il n'y a dans ces papiers strictement rien de chrétien. Dommage pour un quotidien censé l'être.
______

Écrit par : Pierre Huet / | 11/08/2010

CAPITALISME

> A propos de Nathalie. On ne peut pas empêcher une certaine bourgeoisie catholique de professer le conformisme. Elle a été conformiste à toutes les époques : aujourd'hui le conformisme étant les "nouvelles moeurs", elle est pour les "nouvelles moeurs". Sur le plan religieux, le conformisme consiste à dire que la façon moderne d'être catholique est d'être catholique le moins possible ; elle s'y emploie depuis quarante ans. Je vois que ça continue. C'est peut-être le manque de caractère des Français. On le voit dans d'autres domaines.
______

Écrit par : Simon Postel / | 11/08/2010

FRERES OU MARCHANDS

> Je veux bien "partager ce que vivent tous nos frères de ce temps" (?), mais pas faire la pelote des marchand(e)s de spectacles commerciaux. Par lesquels progresse le déboussolage général. Et maintenant la régression psychanalytique au stade anal de la pensée religieuse !
______

Écrit par : Leoluca / | 11/08/2010

COHERENCES

> Ce film n'est pas d'inspiration chrétienne, bien sûr. Mais faut-il s'en indigner? les artistes d'aujourd'hui créent des oeuvres correspondant à leur vision de l'homme, du monde et de la divinité. Comme le disait Tresmontant, l'animisme est justement le penchant naturel d'un esprit athée, lorsqu'il est cohérent avec lui-même.
Doit-on particulièrement incriminer le capitalisme? Au fond, le capitalisme - comme le socialisme réalisé - a été pour la société un moyen d'organiser le monde sans Dieu. Donc, impossible de déterminer quel terme à la préséance sur l'autre : athéisme, capitalisme... les deux sont mêlés.
Pour ma part, je ne peux m'empêcher d'admirer Jack London en dépit du racisme sous-jacent à tous ses romans; ou Eisenstein, malgré le but de propagande de ses films. Et que penser du panthéisme de Monet et Pollock : leurs oeuvres ne sont-elles pas admirables?
Ce film démontre au moins une chose : l'homme cherche Dieu, et quand il ne le trouve pas, il dresse des idoles. Même dans la société consumériste avancée, il demeure un être spirituel, à l'image de son Créateur.

Blaise


[ De PP à B. - Je ne m'indigne pas. Je constate. D'autre part, ces films peuvent être "beaux", la question n'est pas là... Leni Riefenstahl aussi tournait de "beaux films". La question n'était pas là. ]

cette réponse s'adresse au commentaire

Écrit par : Blaise / | 11/08/2010

AVENIR

> Sans prêtres, les Français sont en train d'adorer les bêtes. Vous allez me dire que ça tourne à l'obsession, mais je ne peux m'empêcher de penser que l'Islam s'imposera en France, bien avant qu'on ait eu le temps de redresser la barre (si tant est qu'il y ait début de redressement).
Discussion entre collègues, au café du matin, dans un milieu professionnel plutôt cultivé : l'islam et le christianisme sont abordés. Ce qui m'a frappé, c'est que le second paraissait pour mes collègues presque plus exotique que le premier. Et, s'agissant du catholicisme, une véritable hostilité, que je perçois de plus en plus clairement...disons depuis un an. Une saloperie qu'on ne comprend pas, qu'on n'a pas envie de connaître. L'évangélisation, dans ces conditions, me paraît compromise : on n'est ni entendu ni même écouté (et de toutes façons, on parle une langue étrangère...une langue morte).
Dans de précédents fils de discussion, plusieurs contributeurs semblaient dire qu'il ne fallait pas surestimer l'islamisation de la France. Je veux bien, mais, avez-vous vu (au mois en RP), depuis quelques mois, les pubs pour les produits hallal sur les panneaux Decaux ? Et, ce matin, sur le site de Libé, les gros titres sur le début du Ramadan ? Détails ? Peut-être. Mais bon, petit à petit, l'oiseau fait son nid...

Feld


[ De PP à F. - Exact. C'est le processus en cours, voulu et soutenu par les gens avec qui nous discutons tous les jours, pour les raisons que vous indiquez. Effet de la pression du système mental postmoderne ! S'en indigner ne sert à rien. Regardons en face cet avenir et organisons-nous. Il n'y a pas de hasard, seulement la providence. ]

cette réponse s'adresse au commentaire

Écrit par : Feld / | 12/08/2010

> animiste ou panthéiste ?
______

Écrit par : Patrick / | 12/08/2010

TOLERANCE

> On peut être tolérant tout en étant très critique. Personne n'a critiqué ses contemporains plus que Jésus. Cela ne l'empêchait pas d'être tolérant. Il faut distinguer la tolérance de la faiblesse ou du conformisme.
______

Écrit par : Mike / | 12/08/2010

A Feld:

> j'apporte juste une précision, un complément à votre analyse. je ne parlerais pas d'islamisation mais de peuplement. D'après ce que je vois et les chiffres de l'EN, nous vivons un effondrement démographique total. On ferme classe après classe par manque d'effectifs, et les "jeunes" parents que je rencontre sont de plus en plus tardifs (la trentaine bien sonnée) et ne font qu'un enfant en général. C'est pour cela que les "décideurs" économiques se tournent vers les musulmans. Ils sont l'avenir en termes démographiques et de profits selon leurs analyses.
C'est aussi pour cela que je pense fermement que l'urgence est à l'évangélisation y compris (surtout?) des étrangers, plus qu'à la défense d'une civilisation agonisante et dont les fruits furent, finalement, bien pourris (14+18; totalitarismes, matérialisme-mercantile, etc.)
______

Écrit par : vf / | 12/08/2010

DEUX CHOSES

> Le film a un côté animiste je vous rejoins dessus. Après il est plus symbolique que complétement spirituel il me semble.
Je viens à l'instant d'écrire un billet sur les chrétiens du pakistan et leur black day et je suis tout retourné.
______

Écrit par : romain blachier / | 12/08/2010

INTERVIEWS

> L'interview de la réalisatrice
http://www.dailymotion.com/video/xe7hr9_julie-bertucelli-parle-de-l-arbre-m_news

L'interview de Charlotte Gainsbourg
http://www.dailymotion.com/video/xe7gua_charlotte-gainsbourg-parle-de-l-arb_news
______

Écrit par : Patrick / | 12/08/2010

MENHIR

> Il y a quelques semaines, un grand site d'actualité mettait à la Une une histoire de mégalithe rendant les femmes plus fertiles; bref, un petit paganisme local sans doute venu de très loin comme il en existait encore des centaines "en activité" au milieu du siècle dernier; mais avec l'emballage habituel de sensationnalisme, "la science reste perplexe" etc.
Les mêmes sites qui dénoncent les monothéismes comme des comportements archaïques et même anachroniques n'hésitent pas à juger complètement légitime la croyance en un caillou magique, et à proclamer cette fois-ci que la science est dépassée, trop bornée, etc - à son tour.
Le constat est le même avec le paranormal, et jusqu'à Paul le Poulpe en qui certains voient sérieusement l'existence de "phénomènes qui dérangent la science" !...
Je me faisais donc la même remarque à propos de ce retour du paganisme - le plus ancien, le plus archaïque : celui qui prospère sur l'ignorance.
______

Écrit par : Et cetera / | 12/08/2010

@ Blaise,

> Actuellement, on peut vérifier tous les jours cette parole de Chesterton : Ne pas croire en Dieu, ce n'est pas croire en rien, c'est croire en n'importe quoi.
Citation approximative.
______

Écrit par : omicron / | 13/08/2010

QUEL POISON VIOLENT ?

Bonjour,

Sur vos recommandations, je suis allé voir "Un poison violent"...
Non, j'rigole !

----

La semaine dernière, des amis m'ont proposé de les accompagner pour voir ce film mais j'ai décliné l'offre en leur disant que je souhaitais me dispenser, je me cite, d'une "énième charge contre l'Eglise catholique".
Pour appuyer mon intention de m'épargner ce que je pensais inutile, j'ai joins, par mail, un lien vers votre article en disant que je tenais à me ranger derrière votre analyse.
Après avoir vu ce film, mes amis, qui sont loin de nos questionnements (mais biens quand même), m'ont invité à me faire mon avis par moi-même, reprenant ainsi un des poncifs du temps, tout en me disant qu'ils ne partageaient pas du tout votre analyse et qu'il se trouvait dans ce film de l'humanité, une représentation noble du prêtre et que le propos général tournait autour de l'éveil des sentiments et des émois chez une jeune adolescente, sans manichéisme aucun.
Le reste relavant de l'anecdotique, du décor qui ne sert que d'écrin pour mieux embellir l'histoire centrale.
Bon, me dis-je, j'irai voir ce film car après tout vous n'êtes pas mon critique cinématographique attitré et ce n'est pas vous faire injure que de vous dire cela.
Ce que j'ai fait hier soir seulement car il m'a fallu du temps pour trouver une compagnie pour m'accompagner.

-----

Alors, "Un poison violent", c'est quoi ?
Un film fait de pièces et de morceaux et surtout de clichés réactivés :
- La Bretagne, pluvieuse bien sûr et grise de ses enclos paroissiaux.
- Une grenouille de bénitier quittée par son mari dont on devine qu'il est parti pour échapper à l'ambiance doloriste dégagée par cette femme, et on le comprend !
- Un beau et jeune prêtre, sincère, qui explique avec noblesse, il faut le reconnaître à Kattel Quillévéré, l'origine de sa vocation mais qui se tord de douleur dans sa solitude affective.
- Un lien ténu entre le prêtre et la grenouille, qui nous rappelle les plus belles heures des oiseaux qui se cachent pour mourir (il est trop craquant ce curé !).
- Un évêque, improbable sous sa mitre, qui apparaît peu mais suffisamment pour vous dégoûter de toute la pompe catholique.
- Un papi bon vivant et rabelaisien, remarquablement interprété par Galabru.
- L'éveil d'une adolescente à sa sexualité et à son corps, thème abordé sans aucune originalité, et même avec une certaine indécence dirai-je car nous ne sommes pas loin de l'âge et des pratiques du "touche-pipi" (Passez-moi l'expression qui n'est là que pour illustrer ma colère devant cette particularité bien française qui consiste à montrer des choses qui devraient rester confidentielles).
- La manie qui relève de l'habitude, donc du cliché, propre à certains cinéastes français qui assènent plus qu'ils ne suggèrent : L'érection du papi, les seins de l'adolescente et, suite à un enchaînement vraiment grotesque et libidineux que je garde sous silence, le pubis de cette dernière.
Tout cela étant dépourvu de malice bien sûr puisque nous sommes dans "l'amour" filial ou adolescent, donc pur.
Clichés d'une érotôlatrie qui se cache sous un vernis d'émois naissants et de sentiments sincères.
- Une cérémonie de confirmation où le texte lu invite à laisser tomber la Chair pour se consacrer aux joies de l'Esprit, bien sûr, on n'est pas chez les cathos pour rien.

Tout n'est pas à jeter dans ce film qui dénote de la maîtrise chez cette jeune réalisatrice.
Ainsi je retiendrai le traitement des personnages adultes qui apparaissent et qui semblent, non pas empêtrés dans des contradictions qu'ils ne parviennent pas à surmonter, mais plutôt empêchés de se déployer avec sérénité par une force inconnue, ce qui est pire et qui les condamne à n'apparaître qu'en ombres introverties seulement capables de moments d'explosions avant le repli.
Où sont les adultes, les vrais de vrais, capables de donner un sens, une direction, une image d'espérance pour une adolescente ?
A ce propos, Kattel Quillévéré touche vrai, touche juste, suggère bien.
Kattel Quillévéré maîtrise aussi remarquablement la direction d'acteurs.
Personnellement, je tire une morale sombre de cette histoire, morale qui semble tourner autour de l'invitation faite à une adolescente de se construire des petits bonheurs faits de petits bouts, ou, pour reprendre ce que dit le "Meneur de Rêve" : d'un bout, d'un autre et de misères.
----

Je suis triste à l'idée que mes amis n'ont pas vu cet amoncellement de clichés alors qu'ils sont largement dotés d'une intelligence bien suffisante mais il se trouve qu'ils n'ont pas scruté ce qui relève pour eux de la chose établie, de l'évidence qu'on n'interroge plus et qui risque d'ailleurs de disparaître bientôt dans l'impensé :
- La mise en exergue des éructations pulsionnelles et l'excès d'érotisation des rapports humains,
- le culte voué à l'érotôlatrie, que vous pointez du doigt et qui, pour des gens comme Kattel Quillévéré, relève de la marche naturelle de l'Homme, et qui disparaît dès lors qu'on l'habille d'intentions délicates,
- La disparition lente et discrète de l'appel au dépassement qui fonde le coeur du message chrétien figé, dans sa livrée catho, à une dimension doloriste, punitive, c'est évident bien sûr.

----

De même qu'on a les hommes politiques qu'on mérite, on a les émois que l'on peut et ceux distillés par ce poison violent font vite long feu tant ils restent soit embryonnaires dans leur habillage pré-ado, soit déliquescents chez Galabru.
Je repense au commentaire de Blaise et je suis d'accord avec lui lorsqu'il parle des belles oeuvres qui ne sont pas d'inspiration chrétienne et je préfère à "Un poison violent" un film comme "My summer of love", autrement plus jouissif bien que plus dérangeant, et beaucoup plus récemment "Tamara Drew" qui pratique avec férocité un démontage à l'anglaise des conséquences de ces éructations pulsionnelles dont il est question ici.

Ah la la !!! Post-coïtum, France triste.
______

Écrit par : omicron / | 20/08/2010

PIALAT

> Vous avez vu L'Italien? Pour une fois qu'un film français aborde la religion de manière nuancée et bienveillante, il faut que ce soit... l'Islam. Non que ce dernier ne mérite pas d'être abordé de façon nuancée et bienveillante, mais on a vraiment l'impression d'un deux poids deux mesures.
Le film de Quilleveré lui a valu, entre autres louanges, d'être comparée à Pialat. Cela me suffit, en plus du propos, pour faire une croix dessus.

Écrit par : Fortunato / | 20/08/2010

COMBIEN PLUS

> cher PP, vous écrivez : " l'écologie est une responsabilité humaine, qui n'existe plus si l'on efface l'homme. Effacer l'homme, c'est effacer l'écologie."
Cela me fait penser qu'il y a une erreur au regard de la Science qui est très répandue : croire que la Nature se porte mieux lorsque l'homme en est absent.
Or on a observé scientifiquement que les forêts entretenues sont en meilleure santé que les forêts laissées à elles-mêmes.
je dis bien forêts entretenues et non forêts surexploitées.
Notez que s'il s'agit d'une erreur au regard de la Science, notre foi nous amenait déjà à la même conclusion : c'est pour le Bien que Yavhé dit à Adam de dominer la Création, de la faire fructifier.
C'est en constant le Mal que Yavhé dit : "la Nature est maudite à cause de toi" (C'est-à-dire que Yavhé dit à Adam que la Nature est laissée à elle-même en conséquence du péché.)
Si avant le péché, l'homme devait vivre avec la Nature, combien plus après !
Allons plus loin et de façon très résumée : La Science, la vraie, la recherche honnête, est l'amie de la Foi.
La Science cherche la vérité matérielle, la Foi s'attache à la Vérité (spirituelle)
Les axiomes de la Science sont comparables aux dogmes religieux : on constate sans expliquer qu'il ne peut en être autrement.
______

Écrit par : zorglub / | 23/08/2010

Les commentaires sont fermés.